59 RIVOLI, une galerie d'art pas comme les autres…

Le 5 avril 2019, je me suis rendue au 59 rue de Rivoli dans le premier arrondissement de Paris afin de découvrir ce lieu de création alternatif devant lequel je passais depuis plusieurs années sans prendre le temps de m'arrêter. Première surprise ? La décoration des escaliers et les six étages d'ateliers ouverts au public. Regardez !

Avril 2019, L'Essaim d'art, Installation réalisée par Ève Tesorio et Karin Kralova.

L'histoire du lieu…


Si vous êtes Parisiens, vous connaissez forcément la rue de Rivoli. Longue de près de 3 kilomètres, elle est surtout connue pour sa connexion au Jardin des Tuileries et sa concentration de boutiques qui en font un lieu de rendez-vous privilégié des fashionistas.


N'étant pas une adepte des zones à forte densité commerciale, j'ai doublement apprécié ma halte d'environ une heure dans cet imposant immeuble haussmannien. En arrivant sur les lieux, on peut lire "59 Rivoli, After Squat". Cette affiche en dit long sur son histoire. "After Squat" signifie qu'il s'agissait à l'origine d'un squat. Le 1er novembre 1999, trois artistes militants (Frédéric Hébert alias Gaspard Delanöe, Kalex et Bruno) prennent possession de la propriété abandonnée appartenant au Crédit Lyonnais et aux pouvoirs publics. Ils embarquent avec eux une dizaine d'artistes qui y trouvent refuge pour créer, partager et même y vivre. Deux ans plus tard, l'ancien maire de Paris Bertrand Delanoë rachète le "59 Rivoli Squat" et le légalise. C'est de là que vient "59 Rivoli After Squat".


Aujourd'hui, au delà de son caractère culturel, le 59 Rivoli est un symbole fort de liberté d'expression, un hommage à tous les artistes du monde qui doivent lutter pour exister. En novembre, le lieu fêtera ses 20 ans avec une série d'animations notamment sur les archives de lieux artistiques alternatifs du monde. Rendez-vous sur le site internet pour le programme complet !




Le fonctionnement…


Le 59 Rivoli fonctionne en auto-gestion. Pour y exposer, il faut répondre à l'appel à candidatures du Collectif associatif d'artistes "Chez Robert, Électron libre". Après évaluation des dossiers, chaque résident sélectionné se voit attribuer un atelier (entre 6 et 12 mètres carrés, moyennant une cotisation mensuelle) pour une durée de trois mois, renouvelable une fois. Il bénéficie aussi d'un accompagnement. En contrepartie, il s'engage à une présence d'au moins 4 heures par jour 4 jours par semaine et à assurer ponctuellement l'accueil des visiteurs au rez-de-chaussée. 


Les artistes peuvent aussi être sollicités pour décorer la façade d'œuvres gigantesques spécialement conçues pour l'occasion. C'est le cas par exemple de l'installation "L'essaim d'art" (voir photo de couverture), réalisée par deux femmes : l'artiste plasticienne Karin Kralova et l'artiste plasticienne récupératrice Ève Tesorio que je vous présenterai dans le prochain article du 25 septembre (Patience ;-)). L'idée de cette création en duo vient d'Eve qui voit en ces seins l'humanité en alerte compte tenu de la surconsommation et de la pollution croissante de notre environnement (bouteilles en plastique récupérées).


L'autre particularité du lieu est la présence régulière de ses résidents. Il n'y a aucune barrière entre le créateur et le visiteur, aucune cloison entre les deux univers. Au contraire, l'artiste est dans une démarche d'ouverture. Il se met à nu pour s'exprimer et s'inspire même de ceux qu'il rencontre. Toutefois, le 59 Rivoli dispose aussi d'un autre espace commun d'exposition sans présence de l'artiste. Il est mis à disposition des 30 résidents et d'artistes externes sur inscription.



Quelques découvertes…


J'ai vu plusieurs créations prendre forme sous mes yeux. Même si je n'étais pas seule, je me suis sentie privilégiée d'être au plus près de tous ces artistes venus des quatre coins du monde, d'observer l'aménagement très personnel de chaque atelier, de découvrir des voies d'expression variées et d'avoir la possibilité de leur parler, de les féliciter et de leur poser des questions lorsque je ne comprenais pas certaines œuvres. Voici quelques photos de ce speed dating artistique !


Sandra Chérès, Artiste peintre et Plasticienne

Lors de ma visite, elle avait créé des collages à partir d'anciennes affiches publicitaires.


Luigi La Ferla, Artiste mosaïste


Mike Spinelli, Scénariste et Artiste qui déteste le ciment.


Maï Kasahara, Artiste peintre et Photographe




Ève Tesorio, Artiste plasticienne et Récupératrice dont vous pourrez bientôt lire l'histoire.


Le Musée Igor Balut est une installation à l'initiative de Gaspard Delanoë, l'un des fondateurs du 59 Rivoli. Il est régulièrement réaménagé par d'autres artistes. Ce texte explique clairement sa démarche : "Non, les squatteurs ne luttent pas contre le système ; ils luttent contre les aberrations du système. Nuance. Non, les galeries ne sont pas honnies des squatteurs mais les squatteurs pensent que, parallèlement aux galeries, l'art a besoin de nouveaux champs de création et de diffusion. Nuance. Non, les habitants n'ont pas déserté le quartier Rivoli : certains d'entre eux en ont été chassés à coups de spéculation. Nuance. Non, les artistes de la rue de Rivoli ne se posent pas en porte-parole de tous les artistes-squatteurs. Non, ils ne sont pas fatigués. Non, ils n'ont jamais rêvé d'être managers. Ni boursiers créateurs. Ni même gardiens de toile. Oui, les squatteurs pensent que l'art doit avoir son mot à dire et interroger la société, ses lois, ses codes. C'est même l'une des fonctions essentielles de l'art : brûler sans cesse des questions. « Le N. 0. Paris-Ile-de-Françe » (votre numéro du 19 avril) n'a, semble-t-il, pas l'ouïe assez fine pour entendre toutes les nuances contenues dans ces questions. Alors, fatigué, à « l'Obs » Gaspard Delanoé, porte-parole du collectif Chez Robert. Electrons libres." Source : http://www.arte-ocupa.vipulamati.org/igor_balut.html.



Cinq conseils pour une immersion réussie…

1/ Demander l'autorisation aux artistes avant de prendre en photo leur travail.

2/ Admirer la vue sur l'escalier en colimaçon depuis le dernier étage.

3/ Privilégier une visite en journée ou dans la semaine pour éviter l'affluence.

4/ Ne pas hésiter à échanger avec les artistes pour mieux comprendre leur travail.

5/ Regarder au préalable la programmation du lieu sur le site internet. Vous pourriez avoir de belles surprises (concerts, performances, conférences, soirées à thèmes,...).


Le 59 Rivoli est ouvert tous les jours de la semaine (à l'exception du lundi) de 13h00 à 20h00. L'accès est libre mais il est souhaitable de laisser une contribution pour soutenir l'association. Pour cela, pensez à prévoir des espèces ! ;-)



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Avec tout mon cœur,

Vanessa Lokossou

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