ANNE, Reconversion d'une Responsable des Ressources humaines en Bijoutière Plumassière…

Un samedi matin, le 24 novembre 2018, en allant faire une course dans le Marais, je suis par hasard tombée sur l'affiche du salon Ob'Art qui recouvrait la façade de la Halle des Blancs Manteaux. Parmi les stands des exposants, tous artisans d'art, il y'en avait un qu'aucun visiteur ne pouvait ignorer : celui d'AnaGold, marque de bijouterie mêlant or et plumes aux couleurs vives. En sortant mon téléphone portable pour prendre une photo, j'ai découvert Anne la créatrice, d'abord réticente quant à mes intentions, puis d'une grande gentillesse lorsque je me suis présentée et que je lui ai parlé de Worldmade Stories. Après m'avoir brièvement présenté sa spécialité, elle m'a invitée à lui rendre visite à sa boutique-atelier située à Puteaux, dans les Hauts-de-Seine.

Février 2019, Anne prépare les pièces en laiton dans son atelier-boutique de Puteaux.

Anne Goldfarb fait partie de ceux que l'on appelle aujourd'hui les "néo-artisans", ces profils atypiques qui fon revivre les savoir-faire traditionnels en perte de vitesse. Dans son livre "Nouveaux artisans", Magali Perruchini s'est intéressée à ces Parisiens qui décident de donner une nouvelle orientation à leur carrière professionnelle en se tournant vers l’entrepreneuriat et l’artisanat, un univers associé à la liberté, plus humain, plus sensible, porteur de sens, avec une réalité palpable et modulable par la transformation de la matière.



*** UNE ENFANCE ENTRE ARTS & VOYAGES ***


Anne est une Franco-Suisse née à Paris.


Elle se souvient encore de ses grands-parents et plus particulièrement de son grand-père, un tailleur spécialisé dans le travail du cuir. Originaires de Pologne, ils ont dû s’exiler en France pour leur sécurité. Ses parents aussi se sont beaucoup déplacés au cours de son enfance, entre la Suisse, l’Ile-de-France et le Sud-Ouest de la France. Elle a ainsi connu de nombreux déménagements, des changements d’environnement qui lui donnent aujourd’hui le sentiment de ne pas avoir de racines, de ne pas pouvoir s'identifier à un lieu d'origine précis.


Petite, Anne avait pour habitude de ramasser des plumes d’oiseaux avec sa mère lors de leurs promenades en pleine nature. Au fur et à mesure, elle s’est créée une collection de plumes qu’elle gardait précieusement dans une sorte de boîte à trésors qui la suivait à chaque déménagement. En grandissant, elle côtoie plusieurs créatifs dans son environnement familial et sent qu'elle a une vocation artistique. Son père dessine très bien et l’une de ses tantes est une artiste peintre qu'elle a l'occasion d'observer pratiquer son art. Sans être une spécialiste, Anne touche à tout lorsqu’elle a du temps libre : dessin, peinture, broderie, couture, tissage, marqueterie, mosaïque,… Elle pense que le seul moyen de développer sa dextérité manuelle est d’entrer aux Beaux-Arts. C’est bien plus tard qu’elle découvrira que l’artisanat peut aussi être une forme d’expression artistique tout aussi valable et épanouissante.





*** UNE PREMIÈRE EXPÉRIENCE EN RESSOURCES HUMAINES ***


Dès qu'elle le peut, Anne passe le concours d’entrée aux Beaux-Arts qu’elle n’obtient malheureusement pas. C’est la grande déception. Elle se retrouve en plein mois d’octobre sans plan B de formation, sans avoir imaginé une autre suite pour ses études. Comme elle ne veut pas perdre l’année à attendre la prochaine session et que la plupart des inscriptions sont clôturées à ce moment-là, elle décide de s’inscrire in extremis en licence Ressources Humaines à l’université. Elle a beaucoup de mal à se faire à ce cursus au début, notamment en raison des cours d’économie, une matière qui lui donne du fil à retordre. Mais finalement, son investissement personnel et son envie de réussir payent. Elle continue son cursus jusqu’au bout et obtient sa licence, puis son DESS (l’ancêtre du Master 2) avec succès.


À l’issue de sa formation, elle est rapidement embauchée en tant que Responsable des Ressources Humaines, fonction qu’elle occupera dans des grands groupes français pendant vingt ans.





*** D’EXPERTE EN RESSOURCES HUMAINES À ARTISANE D’ART ***


En 2009, après avoir fait le tour de son métier qu’elle maîtrise maintenant dans les moindres détails, Anne est en quête de sens.


Elle réalise qu’en entreprise, elle utilise beaucoup d’énergie pour des résultats minimes et constate que cela est inhérent à la structure des grands groupes. Elle sature et partir devient pour elle quelque chose qu’elle ne peut plus ignorer, quelque chose de plus en plus vital. Elle a besoin de voir autre chose, de développer l’âme créative qui sommeille en elle. C’est ainsi qu’elle va quitter le confort de son poste de cadre supérieur avec tous les avantages qu’il comporte pour effectuer un gros virage dans son parcours professionnel. Un virage qui est en fait un retour à son rêve d’origine d’évoluer dans un univers artistique.


L’artiste dans l’âme retourne donc à ses premières amours, soutenue par ses enfants maintenant majeurs et donc en mesure de s’assumer sans elle. Elle ne vise plus les beaux-arts mais décide de donner une chance à l’artisanat. Après de longues recherches et des questionnements sur le savoir-faire qu’elle aimerait acquérir, son goût pour l’Histoire, la minutie, la féminité et l’association de matières la conduit à la bijouterie, qui, plus qu’un accessoire de mode est un symbole fort du patrimoine historique et des modes de vie d’une civilisation.


De nature organisée, Anne ne veut pas se précipiter. Elle prend le temps de mûrir son projet tout en s’assurant un revenu, la majorité de son dernier salaire grâce au Congé Individuel de Formation, qu’elle obtient exceptionnellement sur deux années, le temps pour elle de suivre les formations adéquates. Ainsi, elle part de Montauban où elle résidait avec son conjoint pour la capitale, où se situe son école de bijouterie.


Plusieurs organismes l’accompagnent financièrement et administrativement dans son projet de reconversion. À l’issue de la formation, elle s’inscrit à Pôle emploi en tant que créateur d'entreprise et bénéficie des allocations chômage pendant quelques mois. Puis, dans le même temps, elle adhère à une couveuse pour entrepreneurs (GEAI - Boutiques De Gestion De Paris) qui lui donne accès à un accompagnement individuel par un conseiller et à plusieurs formations sur la création d’entreprise. Elle lui permet aussi de commencer à commercialiser ses bijoux sans avoir encore opté pour un statut juridique. Elle y reste un an et demi. Après la couveuse, elle opte pour le statut d'auto-entrepreneur et s’inscrit à la Chambre des Métiers et de l'Artisanat. Grâce au dispositif ACRE du Pôle Emploi, Aide aux Créateurs et Repreneurs d’Entreprises, son taux de cotisations sociales est réduit et progressif pendant deux années.

Des exemples concrets multiples et variés qui montrent que la France a la volonté de soutenir les porteurs de projets qui osent se lancer dans l’entrepreneuriat. Principalement au démarrage avec des possibilités de formation qui peuvent être partiellement ou intégralement financées selon la situation dans laquelle on se trouve. Mais aussi après le démarrage de l’activité, avec des structures comme la Chambre des Métiers et de l’Artisanat ou Ateliers d’Arts de France. Toutefois, il est primordial que le porteur de projet ne s’appuie pas uniquement sur les aides régionales ou nationales. Il faut qu’il prenne le temps de bien peaufiner son projet et qu’il prévoit d’épargner suffisamment pour tenir plusieurs années sans rémunération car la différence de revenus est considérable entre un poste en CDI, même au SMIC et un début d’entreprise d’artisanat d’art.


Le conseil d’Anne :


Ne pas négliger la baisse et l’instabilité des revenus en artisanat d’art. Ne pas être trop optimiste sur les ventes. Pour les aides, il faut se renseigner. Il y’a plein de dispositifs d'aide et de soutien pour les créateurs d'entreprise (notamment les femmes). On trouve beaucoup d’informations sur internet et il ne faut pas hésiter à aller voir sur place. J'ai par exemple monté un dossier de demande de subvention (TP'UP) auprès du Conseil Régional pour mon premier salon professionnel. Et pour des formations complémentaires, j'ai fait appel au financement d'un organisme.

Anne a ouvert sa boutique-atelier à Puteaux fin 2013 après plusieurs formations et sans avoir créé de business plan. Au départ, le lieu s’appelait « Les Créatives » car elle le partageait avec une amie, artisane en maroquinerie. Cette dernière n’a malheureusement pas pu continuer l’aventure et a repris une activité professionnelle partielle en entreprise. Six années après, à la question « Est-il possible de se lancer dans la création d'une entreprise seul(e), sans aide financière ni soutien moral/financier ? », Anne m’a répondu ceci :


Pas facile ! L'essentiel passe certes par la détermination mais bon, je recommande en plus le soutien familial et une bonne épargne de départ !

Atelier-boutique "Les Créatives" qui aujourd'hui présente uniquement les collections AnaGold.

*** ANAGOLD, L’EXPRESSION D’UNE VOCATION DE BIJOUTIÈRE-PLUMASSIÈRE ***


Anne Goldfarb a donné vie à son rêve, à sa vocation à travers AnaGold. Elle est aujourd’hui bijoutière et plumassière, diplômée d’un CAP Art et Techniques de la Bijouterie-Joaillerie et d’un certificat de plumassière, un métier très rare qu’elle a pu apprendre dans la dernière école française de plumasserie. Les plumes qu’elle utilise pour ses créations proviennent de la basse-cour, principalement de poules et d’oies à 90%. Après n’avoir utilisé que des plumes aux couleurs naturelles pendant un certain temps telle une puriste, Anne se rend vite compte que cela la limite énormément. C’est là qu’elle part à la recherche de plumes colorées pour élargir son offre et se démarquer par l’identité forte qui la caractérise aujourd’hui. Le développement de cette identité a pris du temps et pour cela, Anne a dû se concentrer sur une ligne créatrice afin de ne pas se disperser dans un trop grande nombre de directions.



À ses débuts, elle manquait de confiance en elle dans sa nouvelle posture d’artisane d’art. Il lui a fallu du temps pour se sentir légitime dans le domaine et cela est principalement passé par les commentaires positifs de ses clients. Elle a retrouvé du sens et de l’épanouissement dans son travail. Toutefois, elle ne regrette pas pour autant son expérience professionnelle dans les ressources humaines car le relationnel et la gestion des projets qu’elle y a appris sont des outils qui lui servent encore aujourd’hui pour gérer sa marque AnaGold.


C’est ce qui m’a construit et a fait de moi la femme que je suis aujourd’hui.

Présentation d'une épingle à cheveux AnaGold. Crédit photo, AnaGold.


Sa personnalité lumineuse et curieuse se retrouve dans son travail. Son imagination débordante lui permet de créer une grande variété d’accessoires pour les femmes en quête d’originalité. Les plus classiques trouveront chez AnaGold la petite pièce qui réveille et sublime une tenue sobre. Les plus extraverties auront l’embarras du choix pour agrémenter leur look déjà coloré. Colliers, boucles d’oreilles, bracelets, bagues, ornements de tête, clips pour chaussures…il y’a une multitude de formes et de coloris à découvrir sur le site internet. Elle a aussi imaginé depuis peu, un nouveau type de produits appliquant ses talents au monde de la décoration, avec la fabrication de totems agrémentés de plumes.



Épingle à cheveux, broche et totems AnaGold. Crédits photos, AnaGold.


Mes deux coups de cœur ont été l’épingle Birdy et la broche Talisman en rose/rouge présentée ci-dessus. La broche est entièrement conçue à la main, fruit d’un double savoir-faire mêlant travail du cuir et broderie de perles. Il faut compter environ 45 minutes pour la réaliser.


En ce qui concerne le travail préalable à la création, Anne Goldfarb n’a pas une source d'inspiration précise mais se nourrit plutôt de ses centres d’intérêt qui eux, sont très précis. Ainsi, elle est en forte affinité avec la haute-couture, l'art déco (pour la simplicité des formes et la beauté des matières), le design, la plumasserie amérindienne, la botanique, l'entomologie (partie de la zoologie qui traite des insectes), la faune et la nature en général.


Je crois que c'est tout ça qui se mélange dans ma tête. Je dessine beaucoup pour créer mes futures pièces. Surtout tard le soir, c'est là que ça jaillit le plus souvent, bercée dans une sorte de rêvasserie dans laquelle je me sens extrêmement bien !

Grâce à son adhésion aux Ateliers d’Art de France (syndicat professionnel des métiers d’art regroupant plus de 6000 artistes, artisans et manufactures d’art), Anne Goldfarb a accès à un réseau et à un soutien ponctuel pour la promotion de sa marque sous forme de mises en avant sur une courte période de ses créations au magasin Empreintes Paris ou alors par l’octroi de tarifs préférentiels pour participer à des salons professionnels comme Ob’Art ou Maison&Objet. Cela lui donne l’opportunité d’aller à la rencontre d’acheteurs et de pouvoir vendre ses créations à des boutiques sous forme de commandes fermes ou de dépôt-vente en France et à l’étranger.


Avec cette nouvelle expérience loin du salariat, elle a pu constater que l’entrepreneuriat nécessite avant tout un travail sur soi, un travail de développement personnel mais aussi de la polyvalence et de l’adaptabilité pour gérer les différents aspects de l’entreprise et savoir ajuster son fonctionnement face aux changements, aux évolutions en termes de communication digitale par exemple.


Pendant que nous discutions, Anne m’a expliqué avec clarté les étapes de fabrication des bijoux AnaGold que je partage avec vous ci-dessous :


1/ Découpe et façonnage du laiton dans son atelier.


2/ Soudure du laiton pour former ses pièces de base.


3/ Finitions : Émerisage des pièces soudées. L’émeri est un abrasif qui sert à nettoyer une pièce de ses irrégularités avec de la laine d’acier pour polir la surface, la rendre plus lisse et plus brillante. J’ai eu l’opportunité de réaliser cette étape avec Anne.


4/ Plaquage or ou argent chez un argenteur partenaire d'Anne depuis ses débuts. Ce dernier étant débordé, elle doit elle-même fixer ses pièces l'une après l'autre sur un fil métallique avant qu’elles ne passent dans le bain qui va les recouvrir d’or ou d’argent 925.


5/ Fixation des plumes à la colle et façonnage après un travail minutieux de colorimétrie.


J’ai été séduite par la beauté de son établi traditionnel de bijoutier sur lequel j’ai découvert les principaux outils nécessaires à ses deux métiers. Pour la bijouterie : bocfil (porte-scie à métaux), marteau de ciseleur, limes, pinces et chalumeau. Pour la plumasserie : pinces, couteau à parer et ciseaux.


L'établi de bijoutier traditionnel d'Anne Goldfarb

*** CHALLENGES DU QUOTIDIEN & PROJETS POUR DEMAIN ***


Comme les Demoiselles d’Anjou rencontrées aussi au salon Ob’Art, Anne ne m’a pas caché qu’il n’était pour l’instant pas aisé pour elle de vivre de son nouveau métier.


Même si l’emplacement et le cadre de sa boutique-atelier sont très sympa, elle déplore sa configuration mêlant boutiques-ateliers d’artisans d’art et bureaux d’artisans du bâtiment souvent fermés car sur leurs chantiers, ce qui fait que le lieu manque de vie et de passage. Elle n’envisage toutefois pas un déménagement mais plutôt des actions pour aller à la rencontre du public, à travers des salons ou des ateliers.


Dans cette nouvelle aventure, elle a fait plein de découvertes comme celle de nouveaux métiers indispensables à apprendre un petit peu pour faire avancer son activité. Il lui faut, en plus de son cœur de métier, être en mesure de gérer l’aspect commercial, comptable, le marketing, la communication, etc. Un challenge pas facile à relever lorsqu’on est seul maître à bord.


Professionnellement, le souhait d’Anne pour demain est de parvenir à installer un peu plus solidement cette petite marque singulière qu'est AnaGold, de continuer à la porter, à la faire (raisonnablement) grandir et connaître, et un jour, peut-être, d’être en mesure de salarier un jeune issu d'une école de bijouterie. Elle aimerait aussi collaborer avec le monde de la haute couture.





…BECAUSE A STORY NEVER ENDS…


Merci Anne !

Après ma demi-journée d’immersion dans son atelier, j’ai posé à la pétillante Anne, quelques questions supplémentaires sur elle, sur sa vision de l’entrepreneuriat, de l’artisanat et de la vie en général. Ci-dessous ses réponses pleines de sincérité et d’enseignements.


Anne a une idée très précise de ce qu’elle voudrait pour elle et pour le monde :


J’aimerais avoir la possibilité de voyager un peu plus, pour m'émerveiller. Et d'une manière générale, qu'on se prenne en main pour protéger notre si belle planète, en mettant en œuvre la sagesse de toutes les petites solutions artisanales qui existent partout dans le monde, ce qui implique de couper la tête aux grands intérêts financiers qui nous gangrènent.

Qu'est-ce qui est selon toi indispensable pour entreprendre ? (En termes de qualités, ressources, compétences, motivation…)

Une motivation d'airain, une réflexion la plus réaliste possible.

Pour cela, il ne faut pas hésiter à aller discuter avec des professionnels du domaine concerné. Ça permet d’avoir des retours d'expérience et d'éviter de trop fantasmer. Il faut aussi être organisé et autonome car on est quand même seul pour monter son affaire, même avec toutes les aides et conseils du monde.


Il faut savoir anticiper, ne pas avoir peur de se remettre en cause, aimer apprendre tout le temps, supporter l'incertitude, savoir se réjouir des petits succès, garder du recul, être bosseur et toujours aller de l'avant !

Qu'aimes-tu le plus dans ta vie d'artisane/créatrice/entrepreneure ?

Créer bien sûr c'est à dire donner naissance à quelque chose qui sinon n'existerait pas. C'est pour moi un élan vital. J’apprécie aussi l'autonomie, la diversité des tâches, apprendre tout le temps, faire des rencontres…


Y’a-t-il encore aujourd’hui d'autres créatifs dans ton entourage proche avec lesquels tu peux partager ta nouvelle situation ?

Mon époux est artiste peintre. Il a créé plusieurs entreprises dans sa vie ce qui est un plus car il peut partager son expérience avec moi, ses succès comme ses échecs !


As-tu déjà rencontré de grosses difficultés personnelles ou dans ton activité actuelle ? Si tu es toujours là avec cette joie de vivre, c'est que tu les as surmontées ! Comment les as-tu gérées et quelles leçons en as-tu tiré pour ceux qui sont peut-être en train de vivre actuellement quelque chose de similaire et ne savent pas comment se relever pour avancer ?

Personnelles, oui, il y en a eu deux ou trois mais c'est passé. Il y en aura d'autres sans doute, mais c'est la vie… Au niveau professionnel, un peu. Ce n'est pas non plus le plus grave dans la vie ! Au final, je trouve que j'ai plutôt eu de la chance dans ma vie.


Je crois qu'il convient d'accepter les échecs ou les coups durs. On n'a d'ailleurs pas vraiment le choix une fois que c'est survenu ! Mon truc à moi, c'est de passer au plan B. Il y a toujours un plan B. Pas la peine de s'user les yeux à pleurer sur ce qui est fait, autant se concentrer sur ce que l'on peut faire !

Que dirais-tu à ceux qui rêvent d'une reconversion professionnelle mais n'osent pas y aller ? Comment faire ? Quelles questions se poser ? Quelles actions mener ?


Réfléchir, encore et encore. Amasser de l'information. Se former le mieux possible aux techniques du métier convoité. Faire adhérer son entourage. Préparer les étapes à venir. Se lancer avec des solutions progressives. Avoir en tête un plan B ! Tout ça doit soutenir le rêve, pas le remplacer !

Quelle est ta philosophie de vie ? Ton auteur préféré ? Ta citation préférée ou ton autre passion ? (Au choix selon ton envie d'en parler ou non)

Oulala… Je ne crois pas avoir de philosophie de vie…


Si, peut-être être honnête avec soi-même, aimer, se prendre en main, se réjouir des petits bonheurs…

Mon auteur préféré ? Il y’en a quelques uns mais avant tout autre et parce que je l’ai découvert toute jeune, James Michener qui a écrit sur la saga humaine dans différentes parties du globe. Il a enflammé mon imagination !


Quel est ton sentiment aujourd'hui en tant qu'entrepreneure et artisane, toi qui était cadre en entreprise ? Et en tant que femme ? Mère ?

Je suis heureuse de ma vie. Elle m'a donné de belles joies.

Avoir pu mener deux vies professionnelles est une grande richesse.


J'ai aimé et été aimée : selon moi, il n'y a pas mieux et plus indispensable dans la vie ! J'ai adoré avoir des enfants, depuis le jour de leur naissance jusqu'à aujourd'hui, j'ai tout aimé.

Quelle est la chose la plus précieuse pour toi au monde


La liberté. Rien ne peut exister sans liberté.

Que penses-tu du secteur de l'artisanat français et international ? (Situation, challenges, avenir, ressources, difficultés, …)


L'artisanat a le vent en poupe et c'est une grande chance pour nous les artisans ! Rien n'est facile mais nous avons une belle carte à jouer. L'artisanat s'inscrit pleinement dans une quête de sens de plus en en plus présente partout dans le monde aujourd'hui. Il répond pleinement à l'aspiration d'une société plus humaine et responsable, moins avide de richesses et plus de beauté et de contemplation. Moi ça me convient très bien !

Que penses-tu de Worldmade Stories ? As-tu des conseils à me donner pour améliorer mon concept afin de mieux aider/soutenir/valoriser les artisans et autres personnes que j'interviewe ?

Moi je trouve le site bien tel qu'il est. J'aime ta façon d'écrire, le ton que tu emploies fait bien transparaître la poésie de tes rencontres. Si partager cela est ton objectif, c'est réussi !


Si on te donnait une baguette magique tout de suite avec 1 minute pour faire 2 vœux, qu'est-ce que tu changerais concrètement dans notre monde ? Et dans ta vie ?

Arrêter tout de suite la course au pouvoir partout dans le monde.

Redéfinir ce qu'est le bonheur pour l'humanité terrienne et appliquer ce changement dans toutes les règles politiques, économiques, environnementales et sociales… Pas mal comme programme, non ? Moi, ça me suffirait, je n'ai pas de vœu personnel en plus !





BEHIND THE STORY…


J’ai parlé aussi d’autres sujets tout aussi passionnants que la bijouterie et l’artisanat avec Anne, comme de l’importance de la famille, de ses enfants qu’elle était impatiente de revoir après leurs tours du monde avec leurs conjoints respectifs débutés pratiquement au même moment en février 2018. Nous avons aussi parlé voyages et oiseaux. Anne avait hâte de pouvoir partir quelques semaines en Colombie avec son conjoint sur les recommandations de leurs enfants. Elle avait des étoiles plein les yeux lorsqu’elle me parlait des oiseaux, ces petits êtres libres qu’elle aime beaucoup.


Pour la petite histoire, en discutant avec Anne, je me suis rendue compte que son nom de famille était en accord total avec le métier qu’elle avait fini par choisir. GOLDFARB :

- Gold, signifie or en anglais

- Farb vient de Farbe qui veut dire « couleurs » en allemand (merci les cours d’allemand)


Pas mal pour une bijoutière, non ? Deux langues qui se retrouvent dans un nom, qui rappellent sa double nationalité ? Faites aussi attention au sens de ces mots. C’est exactement ce que fait Anne : un travail sur les couleurs et sur l’or avec ses bijoux précieux et lumineux. Un signe qu’elle est à la bonne place ? Qu’elle a enfin trouvé sa voie, celle qui correspond le plus à ses aspirations profondes, à sa personne ? Je crois énormément aux signes. Je pourrai vous écrire un article-témoignage sur des événements de ma vie qui ont été accompagnés de signes forts m’ayant aidé à faire des choix lorsque je doutais.





Écouter la petite voix en nous car la plupart du temps, ce qu’elle nous dit est ce que désire le plus notre petit cœur. Lorsqu’on ne sait plus choisir, lorsqu’on ne sait plus discerner ce qui nous fait vibrer de ce qui nous fait sombrer, cette petite voix puissante est capable de transformer bien de situations, de nous faire prendre conscience de l’essentiel, de nous aider à vaincre la peur de la décision…


A travers l’histoire d’Anne, j’ai envie de vous dire de continuer à croire en vos rêves et même si vous ne pouvez pas les réaliser dans l’instant, de ne pas les abandonner. Faites ce que vous pouvez pour avancer, pas à pas. Célébrez les petites victoires au lieu de vous décourager à chaque difficulté. Soyez intègres, ne vous mentez pas. Avancez à votre rythme en assurant un minimum vos arrières par l’épargne ou par un entourage de valeur sur qui vous pourrez vous appuyer pour vous conseiller, vous alerter, vous encourager et/ou vous soutenir moralement/financièrement en cas de coup dur. Mais n’oubliez pas que la personne sur laquelle il vous faudra compter avant tout est vous-même. Soyez convaincu pour être convaincant. Soyez à l’écoute et saisissez les opportunités qui vous permettront de passer pleinement à l’action une fois que vous aurez bien évalué les tenants et les aboutissants de votre choix.


Je termine cet article avec un extrait de l'intervention du militant écologiste Cyril Dion à laquelle j’ai assisté le 21 mars au Bataclan pour les 5 ans de Ticket for Change. Au cours de cet événement dont le thème était « La soirée pour donner du sens à son travail », plusieurs entrepreneurs sociaux ont partagé leurs parcours dans la création de leurs rêves devenus aujourd’hui réalité. Parmi eux, « Meet my Mama », « Moi et mon enfant » et « le Drive Tout Nu ». Des interventions inspirantes de personnes qui, malgré les aléas, imprévus, mauvaises surprises, ont su garder en tête leur objectif ainsi que leurs petites victoires pour avancer.

« On a besoin d’artisans…On a besoin de ne pas dire aux élèves qui sortent de l’école, la seule façon de réussir ta vie c’est d’aller bosser dans un bureau, derrière un ordinateur, éventuellement avec un costard, et d’avoir une grosse voiture de fonction avec des tickets restaurants…C’est pas ça en fait le top du succès de la vie… Donc moi je vous encourage à ça. Si vous n’êtes pas encore dans la vie professionnelle, ne renoncez pas ! Ne vous dites pas que vous allez prendre le premier métier qui vient. Faites le truc qui vous passionne le plus dans la vie. Faites le truc qui vous donne envie de vous lever tous les matins. Peut-être que vous n’y arriverez pas du premier coup. Moi j’ai fait plein de trucs différents… J’ai la vie dont je rêvais quand j’avais 13 ans. J’y suis parvenu à 37 ans en passant par un burn-out, en passant par du militantisme sacrificiel parce qu’on peut aussi se consumer à chercher trop de sens et croire qu’on va sauver le monde et à vouloir faire le chevalier blanc et à ne pas se rendre compte qu’on a déjà un problème à l’intérieur de soi-même…Je vous raconterai cette histoire une autre fois…(Applaudissements) Mais…Faites-le et si vous faites déjà quelque chose, c’est pas grave ! Trouvez le moyen de changer ! Commencez par vous mettre en 4/5ème, récupérez ce temps-là, imaginez un projet, faites-le le week-end ! Construisez quelque chose, créez ! On est là pour créer. Nous les êtres humains, on est des êtres profondément créatifs. Si on ne créée pas, on est malheureux. Si on est là simplement pour exécuter des tâches, on est malheureux. Trouvez l’espace dans lequel vous avez envie de créer. Trouvez le truc que vous feriez si vous aviez 20 millions d’euros sur votre compte en banque et que vous n'aviez plus jamais à bosser ! Je pense que la réponse à cette question-là, c’est non seulement, la chose que vous avez besoin de faire, et c’est la chose qui peut participer à changer le monde. Imaginez si toute l’énergie de toutes les personnes bloquées à faire un métier à la noix se libérait soudain et que toutes ces personnes-là, comme celles que vous avez vues sur scène, se mettaient à l’investir pour transformer la société. Vous croyez pas que ça irait un peu plus vite ? Moi je le crois ! » Cyril Dion.

Mille merci à la merveilleuse, positive et spontanée Anne que je suis ravie de compter aujourd’hui dans mon entourage. Il y’avait une belle énergie pendant notre entretien. Elle s’est beaucoup intéressée à moi aussi et j’ai pris plaisir à échanger avec elle sur mon histoire personnelle et professionnelle. Elle a aussi été très encourageante voire stimulante par rapport à Worldmade Stories et mon projet d'entrepreneuriat en cours. Une belle rencontre. Une histoire qui ne fait que commencer, j’en suis certaine.



Avec tout mon cœur

Happy Ness

Tissons des liens !

Téléphone :

+33 (0) 6 17 01 60 80 

Courriel :

hello@worldmadestories.com

Adresse :

22 Rue de Carnac 78180 Montigny-le-Bretonneux, France

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